Mercredi 28 octobre 2009
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20:56
Et voilà, ça y est, je fais le pas ! "Fais-le pas" on m'avait dit, "ça sert à rien", "personne ne le lira"...
Tant pis ! J'le fais ! Moi je le lirai ! Et surtout je le relirai, car des situations aussi absurdes ont trop tendance à s'effacer avec le temps. On se dit :"ça n'a pas pu se passer comme ça", on s'entend dire : "tu exagères"...
Bref, nous y voilà. "Où ?" me direz-vous ? Ici, là même ! Dans mon petit espace d'expression, mon petit bout d'existence, mon 20 heures à moi, ma zone interdite spécial hôpital public en détresse, agents hospitaliers surbookés, patients en danger.
Je ne travaille pas à l'hôpital.
Donc je peux en parler.
Car tout agent du service public a un droit de réserve. On ne sait pas trop ce que ça signifie précisément, mais du coup on se dit qu'on n'a pas le droit de critiquer en dehors des murs. Donc on n'a aucun moyen de parler de ses conditions de travail aux autres. Vous savez ceux qui vous prennent encore pour des privilégiés. Car on se dit que si ils savaient les gens, ils n'accepteraient pas.
Ils n'accepteraient pas que leur grand-mère soit cette dame, là, à 4 h du matin sur son brancard, au milieu du couloir avec ses 20 colocataires d'un soir, sous la lumière blafarde des néons au beau mileu de la nuit.
Ils n'accepteraient pas que leur grand-père soit ce monsieur dans le coin là-bas, lui aussi sur son brancard, lui aussi au milieu du couloir, mais lui, au moins, il a eu un bassin, il a pu ne pas s'uriner dessus, lui au moins, on lui a donné à manger depuis 16 h qu'il est là, sur son brancard, lui il peut s'estimer heureux.
Heureux comme moi qui peut vous écrire ce soir. Comme moi qui ai envie de partager tous ces non-sens organisationnels et économiques. Comme moi qui souhaite rendre compte, un peu, afin qu'on se rende compte, précisément...
Tant pis ! J'le fais ! Moi je le lirai ! Et surtout je le relirai, car des situations aussi absurdes ont trop tendance à s'effacer avec le temps. On se dit :"ça n'a pas pu se passer comme ça", on s'entend dire : "tu exagères"...
Bref, nous y voilà. "Où ?" me direz-vous ? Ici, là même ! Dans mon petit espace d'expression, mon petit bout d'existence, mon 20 heures à moi, ma zone interdite spécial hôpital public en détresse, agents hospitaliers surbookés, patients en danger.
Je ne travaille pas à l'hôpital.
Donc je peux en parler.
Car tout agent du service public a un droit de réserve. On ne sait pas trop ce que ça signifie précisément, mais du coup on se dit qu'on n'a pas le droit de critiquer en dehors des murs. Donc on n'a aucun moyen de parler de ses conditions de travail aux autres. Vous savez ceux qui vous prennent encore pour des privilégiés. Car on se dit que si ils savaient les gens, ils n'accepteraient pas.
Ils n'accepteraient pas que leur grand-mère soit cette dame, là, à 4 h du matin sur son brancard, au milieu du couloir avec ses 20 colocataires d'un soir, sous la lumière blafarde des néons au beau mileu de la nuit.
Ils n'accepteraient pas que leur grand-père soit ce monsieur dans le coin là-bas, lui aussi sur son brancard, lui aussi au milieu du couloir, mais lui, au moins, il a eu un bassin, il a pu ne pas s'uriner dessus, lui au moins, on lui a donné à manger depuis 16 h qu'il est là, sur son brancard, lui il peut s'estimer heureux.
Heureux comme moi qui peut vous écrire ce soir. Comme moi qui ai envie de partager tous ces non-sens organisationnels et économiques. Comme moi qui souhaite rendre compte, un peu, afin qu'on se rende compte, précisément...